Ou alors, on dit "Cannes" et on pense: mal aux pieds, galère pour entrer dans le Grand Palais avec nos badges pourris, haine totale des messieurs et mesdames de la presse qui rentrent avant nous et qui peuvent se pointer comme une fleur au dernier moment et remplir une salle alors qu'on attend devant depuis 1h30, dépensage extrême de fric dans des sandwichs dégueu à 5 euros.
On peut aussi faire un mix des deux. Et surtout, penser à tous ces films qu'on peut voir à Cannes et qu'on ne verra jamais ailleurs. Une bonne partie de films indépendants. Encore plus de premiers films. On peut aussi penser aux rencontres avec les équipes des films, qui donnent tellement envie de faire les notres. Penser aux belles découvertes de cinémas étrangers: des films russe, kazakh, iranien, entre autres, qui m'ont fait ouvrir des yeux gamins, parfois émerveillés, parfois choqués, sur des cultures que je ne connaissais absolument pas. Et puis penser aussi qu'un jour on sera ceux qui rentrent en tout premier dans la salle, parce qu'on fera un boulot qui nous le permettra. Ou mieux, qu'on sera là, sur la scène de la Semaine de la Critique ou de la Quinzaine, à présenter un premier court-métrage, à flipper comme eux flippent, et à réussir à en toucher quelques uns. Enfin bon, utopie quand tu nous tiens...
Moins de coups de coeur que l'an dernier, mais toujours cette ambiance un peu particulière, l'impression d'être dans un univers parallèle, à enchaîner film sur film et à vivre dans un cocon cinématographique. Des grosses galères qui font quand même partie du trip. La fatigue qui s'accumule jour après jour. Et le voyage du retour où on comate pendant 5 heures, à mélanger tout ce qu'on a vu pendant la semaine, et à essayer de se dire que non non, notre vie n'est pas un film.
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*ne pas me dire que je le loupe au Grand Rex en juillet*
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